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Généralités sur l'intégration scolaire

Intégration scolaire

On assiste depuis quelques années à une évolution des mentalités en France en ce qui concerne la scolarisation des enfants handicapés . Ces enfants ont beaucoup plus accès à l’école ordinaire . La multiplication des expériences d’intégration scolaire est à cet égard significative . Si la guidance permet l’intégration familiale de l’enfant , l’intégration scolaire est le garant de l’intégration sociale .

Définition

L’intégration scolaire de l’enfant ou de l’adolescent handicapé repose sur le fait de permettre aux enfants atteints de déficience sensorielle , motrice ou intellectuelle , qui en sont capables de recevoir une partie ou la totalité de leur enseignement dans des classes d’établissements scolaires ordinaires .

Selon la circulaire numéro 91-302 du 18 novembre 1991 et celle numéro 82-2 et 82-048 du 28 janvier 1982 , l’intégration scolaire d’un enfant ou d’un adolescent handicapé vise à favoriser son épanouissement personnel et intellectuel , le développement de ses capacités , l’acquisition de connaissances et lui permet de bénéficier ensuite dans de meilleures conditions d’une formation générale et professionnelle favorisant l’autonomie individuelle , l’accès au monde du travail et la participation sociale .


Conditions de l’intégration scolaire

1. Par rapport à l’enfant ou à l’adolescent

Pour être intégré en milieu scolaire ordinaire , l’enfant ou l’adolescent handicapé doit être capable d’assumer les contraintes et les exigences impliquées par la vie scolaire et d’avoir acquis ou être en cours d’acquisition d’une capacité de communication et de relation aux autres compatible avec les enseignements scolaires et les situations de vie et d’ éducation collective .

2. Par rapport à l’ établissement scolaire

Les établissements scolaires se doivent d’accueillir en intégration scolaire les enfants ou adolescents handicapés qui relèvent de leur secteur de recrutement .

Types d’ intégration

L’intégration scolaire peut se concrétiser sous différentes formes pour offrir des solutions adaptées non seulement à chaque type de handicap , mais aussi à la personnalité des enfants , aux différentes étapes de leur évolution , à leurs désirs et à ceux de leurs familles et préparées avec le milieu d’ accueil .
Elle peut se réaliser de façon individuelle ou collective à temps plein ou partiel dans une classe ordinaire ou spécialisée . Quelles que soient les modalités retenues , un projet éducatif individualisé doit être élaboré en commun par les familles , les enseignants , les personnels spécialisés et les établissements et services spécialisés intéressés .
L’intégration individuelle dans une classe ordinaire doit être recherchée en priorité et s’accompagner , à chaque fois que cela s’avère nécessaire , d’une aide personnalisée sur le plan scolaire , psychologique , médical et paramédical réalisée pendant ou hors le temps scolaire par des professionnels , qu’ils appartiennent au secteur public , aux services et établissements d’éducation spéciale ou qu’ils soient de statut libéral .
En fonction de leurs progrès ou des difficultés qu’ils rencontrent , les enfants doivent pouvoir changer de mode d’intégration pour leur assurer en permanence le soutien le plus efficace possible .

Modalités de l’ intégration

En l’absence de difficultés réelles , un refus de principe ne saurait être opposé à l’ intégration scolaire d’un élève handicapé , que la demande émane directement de sa famille ou qu’elle se fasse par l’ intermédiaire d’un établissement ou d’un service spécialisé .
Quand les conditions d’une intégration scolaire sont estimées remplies par l’équipe pédagogique de l’établissement qui scolarisera l’enfant ou l’adolescent malentendant , elle propose son accueil immédiat à la commission d’éducation spéciale compétente . Celle-ci notifie cette intégration scolaire , est le garant de l’action engagée et veille à la mise en place d’un projet pédagogique , éducatif et thérapeutique , en liaison avec les intervenants éventuels qu’ils relèvent de l’éducation nationale , d’un établissement ou service d’éducation spéciale , du secteur de psychiatrie infanto-juvénile ou du secteur libéral
Dans le cas contraire , après avoir expliqué et motivé le refus d’accueil au demandeur , le directeur de l’établissement scolaire saisit sans délai la commission d’éducation spéciale compétente , à qui , il revient de proposer à la famille une réponse adaptée aux besoins de l’enfant ou de l’adolescent :
- accueil dans l’établissement scolaire du quartier après que les conditions d’une intégration scolaire réussie auront pu être réunies .
- accueil dans un autre établissement scolaire avec les mesures dérogatoires éventuellement indispensables ( secteur scolaire , transports ... ) .
- accueil dans un établissement spécialisé avec , éventuellement, une intégration à temps partiel en milieu scolaire ordinaire .

Paramètres de l’intégration scolaire de l’enfant malentendant

Le bureau international d’audiophonologie recommande de tenir compte , lors de l’intégration scolaire de l’enfant malentendant , des paramètres suivants :

Caractéristiques audiophonologiques
- le type de la surdité .
- le degré de déficience auditive .
- l’âge de l’enfant lors de l’installation de la surdité .
- le caractère évolutif ou non de la déficience auditive .
- l’efficacité de l’adaptation prothétique auditive .

Moment de la prise en charge de l’enfant sourd par une équipe audiophonologique spécialisée et suivi de cette prise en charge .

Profil médico-psycho-pédagogique de l’enfant malentendant :
- ses facultés intellectuelles , le développement de ses possibilités d’abstraction , son équilibre psycho-affectif et son développement sensitivo-moteur .
- l’absence ou la présence de troubles associés .
- sa motivation personnelle à son éducation et à son intégration éventuelle .
- ses aptitudes particulières en ce qui concerne le langage oral ( versants compréhension et expression ) dans ses aspects articulatoires , lexicologiques , grammaticaux et syntaxiques - la lecture labiale seule ou avec l’aide de compléments manuels ; l’utilisation de ses restes auditifs ; le langage écrit et tout autre moyen d’expression et de réception du message linguistique .
- le niveau de ses acquisitions pédagogiques .

Environnement de l’enfant malentendant

1. Environnement familial
- situation affective .
- attitude vis à vis du handicap .
- niveau d’information , motivation à l’intégration .
- participation à l’éducation ( aptitude , disponibilité ) .
- niveau socio-économique .

2. Environnement social
- niveau d’ information .
- attitude vis à vis du handicapé .

Conditions d’accueil en milieu scolaire ordinaire
- une formation pédagogique générale reconnue des enseignants des classes d’accueil - une information spécifique préalable suivie d’une adhésion active de l’équipe d’accueil au projet proposé .
- la présence d’une équipe éducative constituée pour chaque enfant par des représentants de l’équipe audiophonologique spécialisée , par des représentants des structures d’accueil et par les parents de l’enfant concerné.

Pourquoi l’intégration scolaire ?

Quelques chiffres :
Un recensement de l’éducation nationale, effectué en 1992-1993, a donné le chiffre de 11466 enfants sourds scolarisés en France, dont 3217 en enseignement intégré, et 8249 en enseignement spécialisé. Ce recensement ne précise pas les degrés de déficience auditive.
La volonté du gouvernement de favoriser l’intégration scolaire s’affirme avec la loi d’Orientation en faveur des personnes handicapées du 30 juin 1975.
Cette loi stipule que: « la prévention et le dépistage des handicaps, les soins, l’éducation, la formation et l’orientation professionnelle, la garantie minimum de ressources, l’intégration sociale et l’accès au sport et aux loisirs du mineur et de l’adulte handicapés physiques sensoriels ou mentaux constituent une obligation nationale. »

Depuis 1975, de nombreux textes de loi ont été adoptés, votés, précisant les objectifs, les conditions, les formes et les moyens de l’intégration scolaire.
Le gouvernement montre ainsi sa volonté de privilégier l’intégration scolaire (lorsque celle-ci est possible) lors de l’orientation des enfants handicapés.

Les objectifs de l’intégration scolaire d’enfants handicapés en milieu ordinaire :

· Apporte à l’école un enrichissement, en l’ouvrant davantage à la société .
· Favorise les échanges entre jeunes et la reconnaissance réciproque des différences.
· Permettre à cet enfant de bénéficier dans de meilleures conditions d’une formation générale et professionnelle favorisant l’autonomie individuelle, l’accès au travail et la participation sociale.
· Elargir le champ des solutions proposées aux parents, cette intégration leur permettant d’exercer plus pleinement leur action parentale et d’émettre un choix véritable en matière d’éducation pour leur enfant.

Les intérêts de l’intégration scolaire :

Ils sont multiples, autant pour l’enfant que pour l’enseignant et les autres élèves de la classe.
L’intégration scolaire en milieu entendant permet à l’enfant déficient auditif d’être plongé dans un bain de langage . En effet, les stimulations quotidiennes accélèrent son acquisition du vocabulaire et de la syntaxe.
Par ailleurs la multiplication et la diversité des situations de communication améliorent également la qualité de sa communication.
Comme l’indique le terme d’ « intégration scolaire », le but premier de ce type de scolarisation est l’insertion au sein de la classe, et, par la suite, l’insertion de l’enfant dans la société.
L’intégration peut permettre de développer le respect de la différence et l’entraide au sein de la classe.
Pour l’enseignant l’intégration scolaire sera la source d’un enrichissement de sa pédagogie ( par l’utilisation d’un certain nombre d’adaptations)
Pour tous il s’agira d’un enrichissement personnel, celui d’apprendre à connaître et à vivre avec l’autre différent.

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